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Chauffage électrique · Morges & La Côte

Votre chauffage est électrique ?Vaud a fixé une date : le 1er janvier 2033.

Ce n'est pas une recommandation, c'est un décret. Et la porte de sortie que beaucoup espèrent est actuellement fermée — voici pourquoi, expliqué simplement.

Puissance qu'il vous faut11 kW
Prix estimé, pose compriseCHF 33'400 – 41'700

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Léman 372 m374 mJura 836 m

Un réseau thermique sur eau du lac dessert une partie de la commune.

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Ce que dit exactement le décret

Le canton de Vaud a adopté un décret sur l'assainissement des chauffages et chauffe-eau électriques, entré en vigueur le 1er janvier 2025. Son contenu tient en une phrase : les chauffages électriques et les chauffe-eau électriques doivent être remplacés d'ici au 1er janvier 2033. Environ 22'000 logements vaudois sont concernés.

Trois précisions qui font toute la différence, et qu'on lit rarement en entier :

  • Le décret vise les chauffages électriques centralisés ET décentralisés. Les convecteurs muraux d'une villa des années 1970 sont dedans, au même titre qu'une chaudière électrique centrale.
  • Il vise aussi les chauffe-eau électriques, centralisés et décentralisés. Autrement dit, votre boiler est concerné, pas seulement vos radiateurs. Une exception existe : si, à l'entrée en vigueur du décret, le bâtiment était déjà chauffé aux énergies renouvelables, le propriétaire est exempté du remplacement du chauffe-eau décentralisé.
  • Il s'accompagne d'un devoir d'annonce : les propriétaires concernés doivent s'annoncer spontanément au canton.

2033 semble loin. Il reste pourtant sept hivers, et un parc de 22'000 logements ne se remplace pas en une saison. Les propriétaires qui s'y prendront la dernière année trouveront des délais longs et des installateurs saturés.

Les prolongations existent — mais pas pour tout le monde

Beaucoup de propriétaires ont entendu parler de délais supplémentaires. C'est exact, mais ces prolongations sont réservées aux chauffages décentralisés, c'est-à-dire aux radiateurs et convecteurs électriques pièce par pièce. Un chauffage électrique centralisé n'y a pas accès.

Situation du bâtimentCe que prévoit le décretNouveau délai
Classe CECB D ou E (consommation moyenne), chauffage décentraliséLe délai d'assainissement peut être prolongé de 5 ans au maximum2038
Classe CECB A, B ou C (consommation faible), chauffage décentraliséDispense provisoire, sur requête, réévaluée tous les 3 ansà revoir
Compensation par du renouvelable produit sur placeCompenser 25 % de la consommation électrique du chauffage, si le bâtiment a au moins une classe Dselon dossier

La troisième voie mérite d'être comprise. Il ne s'agit pas d'acheter de l'électricité verte, mais de produire sur place de quoi couvrir 25 % de la consommation électrique du chauffage, typiquement en solaire, et cela suppose que le bâtiment soit déjà correctement isolé — au moins une classe D. Sur un chalet mal isolé du pied du Jura, cette porte-là est fermée par la physique avant de l'être par le droit.

Le point que presque personne ne vous dira : la directive est suspendue

Voici l'information la plus importante de cette page, et elle est datée. À la suite d'un recours déposé en janvier 2025, la directive de mise en application du décret est suspendue.

Attention à ne pas en tirer la mauvaise conclusion. Le décret reste pleinement en vigueur, et le devoir d'annonce aussi. Ce qui est gelé, c'est l'application administrative : la Direction de l'énergie ne délivre actuellement ni attestation d'assainissement, ni dérogation, ni prolongation de délai.

Ce que cela signifie chez vous. Vous ne pouvez pas, aujourd'hui, faire valider votre prolongation de cinq ans, ni faire reconnaître votre dispense provisoire. L'échéance de 2033 continue de courir ; la porte de sortie, elle, est fermée pour l'instant. Compter dessus pour repousser la décision revient à parier sur une procédure dont personne ne connaît l'issue.

Nous préférons le dire franchement plutôt que de vendre du confort : c'est un état de fait daté, susceptible de changer le jour où le recours sera tranché. Si vous lisez cette page longtemps après sa rédaction, vérifiez l'état du dossier auprès du canton avant de fonder une décision dessus. Ce que nous ne ferons pas, c'est vous laisser croire qu'une prolongation vous est acquise.

Le devoir d'annonce : simple, gratuit, et déjà en retard

Indépendamment des travaux, les propriétaires concernés doivent s'annoncer spontanément auprès du canton. La démarche passe par un formulaire Excel officiel, à envoyer à l'adresse cantonale dédiée aux chauffages électriques. Le canton est explicite : seuls les fichiers officiels envoyés au format Excel sont pris en compte.

Le délai initial, fixé à la fin juin 2025, est passé. Cela ne dispense de rien : l'obligation reste en vigueur même après cette échéance. Si vous ne l'avez pas fait, il est encore temps, et il n'y a aucun avantage à attendre. L'annonce ne déclenche pas de travaux, elle ne coûte rien, et elle vous place dans une situation régulière.

C'est aussi l'occasion de faire un point sur votre bâtiment : année de construction, isolation, classe CECB si vous en avez une, type de chauffage exact. Ce sont précisément les informations dont un installateur a besoin pour dimensionner le remplacement.

Par quoi remplacer ? Deux chemins, selon votre maison

Si votre maison a un circuit d'eau — radiateurs à eau alimentés par une chaudière électrique, ou sol chauffant — la réponse évidente est une pompe à chaleur air-eau. Elle reprend le circuit existant, produit aussi votre eau chaude, et divise la consommation de chauffage par trois ou quatre. C'est le cas le plus confortable, et le plus subventionné.

Si votre maison n'a aucun circuit d'eau — le cas le plus fréquent avec des convecteurs muraux — deux options. Soit une pompe à chaleur air-air, nettement moins chère, mais qui ne produit pas l'eau chaude et qu'il faut compléter par un chauffe-eau thermodynamique. Soit la création d'un circuit d'eau complet avec une air-eau, plus lourd et plus cher, mais plus confortable à l'usage.

Dans les deux cas, ne traitez pas le chauffage et l'eau chaude séparément : ils relèvent du même décret et de la même échéance, et faire chiffrer l'ensemble d'un coup évite de payer deux fois la même étude. Vous pouvez parfaitement réaliser les travaux en deux étapes ; c'est le devis qui gagne à être complet.

Ce que vous y gagnez, en dehors du décret

Un chauffage électrique direct restitue exactement l'énergie qu'il consomme : un kilowattheure acheté, un kilowattheure de chaleur. Une pompe à chaleur en restitue trois à quatre pour le même kilowattheure acheté, parce qu'elle déplace de la chaleur au lieu de la fabriquer. C'est le seul remplacement de chauffage où l'écart est aussi net — et c'est pourquoi les propriétaires de maisons tout-électrique sont ceux qui voient la différence la plus spectaculaire sur leur facture.

Il faut cependant changer une habitude. Avec des convecteurs, on coupe le chauffage la journée et on relance le soir : c'était le bon réflexe. Avec une pompe à chaleur, c'est l'inverse : elle travaille beaucoup mieux en maintenant une température stable qu'en rattrapant des écarts. Les premières factures décevantes viennent presque toujours de là, pas de la machine.

Côté aides, le remplacement relève du code M-05 pour une air-eau et M-06 pour une sol-eau ou une eau-eau, jusqu'à 70 kW. Nous ne publions aucun montant en francs : les barèmes évoluent, les conditions officielles du canton font foi. La règle d'or, elle, ne bouge jamais — la demande doit être déposée et acceptée avant le début des travaux. Le détail est sur la page subventions.

Un dernier conseil de calendrier. Sept ans, à l'échelle d'un parc de 22'000 logements, c'est court. Les propriétaires qui décident maintenant choisissent leur installateur, leur machine et leur date de chantier. Ceux qui attendront 2032 prendront ce qui reste. Faites au moins établir un devis gratuit aujourd'hui : cela ne vous engage à rien, et cela vous donne un chiffre réel à la place d'une inquiétude.

Locataire, propriétaire, copropriétaire : qui fait quoi

L'obligation pèse sur le propriétaire du bâtiment. Si vous êtes locataire d'un logement chauffé à l'électricité, la démarche ne vous appartient pas : elle appartient au propriétaire ou à la régie. Vous pouvez évidemment leur signaler l'échéance, et beaucoup de régies ne l'ont pas encore intégrée à leur planning d'entretien.

En copropriété, tout dépend de la nature de l'installation. Un chauffage électrique centralisé relève des parties communes : c'est l'assemblée qui décide, et la décision prend du temps — étude, devis, convocation, vote, puis travaux. Des convecteurs décentralisés propres à chaque appartement soulèvent une question de compétence qu'il vaut mieux clarifier tôt avec l'administrateur, avant que quelqu'un ne pose une machine en façade sans accord.

Dans tous les cas, la pose d'une unité extérieure en façade, sur un balcon ou en toiture touche une partie commune : l'accord de l'assemblée est nécessaire, en plus de l'annonce à la commune. Si votre immeuble est concerné, mettez le point à l'ordre du jour de la prochaine assemblée plutôt que de l'assemblée suivante. Sur sept ans, deux ans perdus en discussions se rattrapent mal.

Vos questions, réponses simples

Suis-je vraiment obligé de remplacer mon chauffage électrique ?

Oui, dans le canton de Vaud. Le décret sur l'assainissement des chauffages et chauffe-eau électriques est en vigueur depuis le 1er janvier 2025 et fixe l'échéance au 1er janvier 2033. Il vise les installations centralisées comme décentralisées, chauffage et chauffe-eau. Environ 22'000 logements vaudois sont concernés.

J'ai entendu parler d'une prolongation jusqu'en 2038, c'est vrai ?

C'est vrai, mais uniquement pour les chauffages décentralisés et selon la classe CECB du bâtiment : les classes D ou E peuvent obtenir cinq ans au maximum, les classes A, B ou C une dispense provisoire réévaluée tous les trois ans. Point capital : à la suite d'un recours, la directive d'application est suspendue et la Direction de l'énergie ne délivre actuellement aucune prolongation ni dérogation.

Que veut dire concrètement que la directive est suspendue ?

Que le décret et le devoir d'annonce restent en vigueur, mais que l'administration ne délivre plus, pour l'instant, ni attestation d'assainissement, ni dérogation, ni prolongation de délai. Autrement dit, l'échéance court et la porte de sortie est fermée. C'est un état de fait daté, lié à un recours déposé en janvier 2025 : il peut changer, et il vaut la peine de le revérifier auprès du canton avant toute décision.

Je dois annoncer mon installation : comment ?

Par le formulaire Excel officiel du canton, envoyé à l'adresse cantonale dédiée aux chauffages électriques. Le canton précise que seuls les fichiers officiels au format Excel sont pris en compte. Le délai initial de fin juin 2025 est dépassé, mais l'obligation reste en vigueur, et l'annonce ne coûte rien ni ne déclenche de travaux.

Mon boiler électrique est-il concerné lui aussi ?

Oui. Le décret vise les chauffe-eau électriques, centralisés comme décentralisés, avec la même échéance de 2033. Une exception est prévue pour le chauffe-eau décentralisé si le bâtiment était déjà chauffé aux énergies renouvelables à l'entrée en vigueur du décret. La solution habituelle est un chauffe-eau thermodynamique, qui remplace directement le boiler.

Je n'ai aucun radiateur à eau : que puis-je faire ?

C'est la situation la plus fréquente avec des convecteurs muraux. Deux chemins : une pompe à chaleur air-air, moins chère, à compléter par un chauffe-eau thermodynamique puisqu'elle ne produit pas l'eau chaude ; ou la création d'un circuit d'eau avec une pompe à chaleur air-eau, plus lourde et plus chère, mais plus confortable et qui traite aussi l'eau chaude.

Est-ce que je vais gagner de l'argent au change ?

Sur la consommation, oui, et c'est le cas où l'écart est le plus important : une pompe à chaleur restitue trois à quatre fois plus d'énergie qu'un chauffage électrique direct pour la même électricité achetée. Le calcul dépend ensuite de votre consommation actuelle et de la qualité de l'isolation. Demandez que le devis reprenne vos chiffres réels plutôt qu'une moyenne.

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